La sieste, ça ne sert à rien ? Parlons surtout du sommeil de nuit

« Il ne faut jamais réveiller un enfant qui dort ! »

Tu as sûrement déjà entendu cette phrase.

Mais tu connais aussi probablement ces parents qui récupèrent leur enfant à la crèche après 2 ou 3 heures de sieste, avec un réveil à 16 h… et qui se retrouvent ensuite avec un enfant qui court encore dans le salon à 21 h 30 ou 22 h.

Puis le lendemain matin, il faut le réveiller pour aller à la crèche ou à l’école.

Il est fatigué.

Alors que fait-il ? Il récupère pendant la sieste.

Et le soir suivant, il n’a de nouveau pas suffisamment sommeil pour s’endormir tôt.

Bienvenue dans le cercle vicieux.

La sieste ne doit pas remplacer la nuit

Soyons clairs : non, la sieste ne sert pas à rien.

Chez le jeune enfant, elle répond à un véritable besoin physiologique.

Mais la sieste doit rester un complément du sommeil nocturne, et non devenir le moyen de récupérer quotidiennement une nuit trop courte.

La nuit constitue le socle du rythme de sommeil de l’enfant. Une quantité de sommeil suffisante et régulière est notamment associée à une meilleure attention, une meilleure régulation émotionnelle, de meilleurs apprentissages et un meilleur comportement pendant la journée.

Et c’est justement là que je veux attirer l’attention des parents que j’accompagne sur Strasbourg et ses alentours : avant de chercher absolument à préserver une longue sieste, regardons d’abord ce qui se passe la nuit.

Combien d’heures un enfant doit-il dormir ?

Les besoins évoluent avec l’âge et peuvent légèrement varier d’un enfant à l’autre.

Voici les repères recommandés sur 24 heures :

ÂgeSommeil recommandé
4 à 12 mois12 à 16 h, siestes comprises
1 à 2 ans11 à 14 h, siestes comprises
3 à 5 ans10 à 13 h, siestes comprises
6 à 12 ans9 à 12 h
13 à 18 ans8 à 10 h

L’Assurance Maladie donne également comme repères moyens environ 13 heures à 3 ans, 12 heures à 6 ans et 9 heures à 12 ans.

Il ne faut donc pas se focaliser uniquement sur la sieste : regardez le sommeil total de votre enfant, et surtout la qualité et la durée de ses nuits.

Jusqu’à quel âge la sieste est-elle nécessaire ?

Chez les plus jeunes, la sieste est normale et nécessaire.

Avec l’âge, le sommeil de journée diminue progressivement. La grande sieste du début d’après-midi peut rester nécessaire entre 2 et 5 ans selon les enfants, mais elle commence généralement à diminuer vers 3 ans. Vers 4 ou 5 ans, certains enfants n’en ont simplement plus besoin.

Donc après 3 ans, ne vous demandez pas uniquement :

« Est-ce qu’il doit faire la sieste parce qu’il a 3 ans ? »

Demandez-vous plutôt :

« Est-ce que cette sieste l’aide réellement à avoir un bon rythme sur 24 heures ? »

Une sieste à 16 h peut devenir contre-productive

Le moment de la sieste compte presque autant que sa durée.

Une sieste en début d’après-midi est généralement préférable. Lorsqu’elle devient très longue et se termine tard, elle peut diminuer la pression de sommeil nécessaire pour s’endormir le soir.

L’Assurance Maladie recommande d’ailleurs de privilégier une sieste en début d’après-midi, de ne pas la laisser devenir trop longue et précise qu’une sieste tardive peut retarder le coucher.

Chez beaucoup de jeunes enfants, viser une fin de sieste autour de 15 h peut donc être un bon repère pratique, à adapter évidemment à l’âge, à l’heure du lever et aux besoins propres de l’enfant.

« Mais on ne réveille pas un enfant qui dort ! »

Pourquoi ?

C’est une croyance très répandue.

Pourtant, lorsque la sieste se prolonge au point de perturber régulièrement la nuit, réveiller progressivement son enfant peut justement contribuer à remettre son rythme en place.

Et contrairement à ce qu’on entend parfois, l’Assurance Maladie indique explicitement qu’il est possible de réveiller l’enfant lorsque sa sieste se prolonge.

Imagine :

Ton enfant s’endort à 22 h.

Tu dois le réveiller à 7 h pour aller à l’école ou à la crèche.

Il n’a dormi que 9 heures.

À 13 h, il est épuisé et dort 3 heures.

Il se réveille à 16 h complètement reposé.

À 20 h, tu aimerais qu’il dorme…

mais lui n’a tout simplement pas suffisamment sommeil.

Il se rendort à 22 h.

Et le lendemain, on recommence.

Parfois, il faut oser casser le cercle

Réduire ou avancer une sieste peut rendre l’enfant temporairement plus fatigué en fin de journée.

Mais l’objectif n’est évidemment pas de priver un enfant de sommeil.

L’objectif est de replacer progressivement ce sommeil au bon moment, afin de retrouver des nuits plus longues et un rythme plus stable.

Cela passe souvent par plusieurs éléments :

  • une heure de lever relativement régulière ;
  • une sieste placée suffisamment tôt ;
  • une durée de sieste adaptée à l’âge et à l’enfant ;
  • une fin de journée progressivement plus calme ;
  • un rituel du coucher prévisible ;
  • une heure de coucher cohérente avec son besoin réel de sommeil.

Le sommeil ne se résume donc pas à compter des heures.

L’heure à laquelle l’enfant dort compte également.

Votre enfant s’endort très tard malgré une longue sieste ?

Si votre enfant dort longtemps l’après-midi, se couche très tard le soir, est difficile à réveiller le matin puis semble de nouveau épuisé pendant la journée, il peut être intéressant de regarder son rythme dans son ensemble.

Chaque enfant est différent : âge, heure de lever, mode de garde, école, tempérament, habitudes familiales… Il n’existe pas une heure de sieste ou de coucher identique pour tous.

Vous habitez Strasbourg ou ses alentours et vous souhaitez retrouver un rythme de sommeil plus serein avec votre enfant ?

Je peux vous accompagner pour analyser son rythme actuel et mettre en place progressivement une organisation adaptée à votre quotidien.

Écrivez-moi pour plus d’informations sur mes accompagnements en parentalité à Strasbourg juste ici.

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